Labels et certifications

Dans les rayons des cosmétiques, nombreux sont les produits qui se déclarent bio, sans toutefois l’être. Une labellisation est nécessaire et même obligatoire pour pouvoir classifier un produit dit biologique.

Les labels et les logos qui garantissent un produit cosmétique biologique sont indiqués directement sur le produit ainsi que sur son emballage, s’il y en a un.  Ils sont relativement faciles à reconnaître et attestent une fabrication selon des règles définies dans leur cahier respectif des charges privées reconnues.

L’usage du terme «biologique» et d’autres termes dérivés sur l’étiquette d’un produit cosmétique ou de soins personnels n’est pas régi au Canada [1] sauf au Québec. Lorsque la publicité ou l’étiquetage de l’un de ces produits offerts à la vente au Québec fait usage du terme «biologique» ou d’un terme dérivé pour qualifier le mode de fabrication de ce produit ou encore d’ingrédients qu’il contient, cela tombe sous la juridiction du CARTV, en vertu de la Loi sur les appellations réservées et les termes valorisants . Il n’existe pas cependant au Québec un organisme spécifique qui chapeaute le commerce des cosmétiques biologiques.

Sur le marché québécois, on peut trouver des produits portant des labels européens, canadiens comme ECOCERT Canada issu d’une association entre Garantie Bio et ECOCERT France en 2000 (cet organisme reste en charge surtout de l’agriculture biologique, pour les cosmétiques il faut toujours faire affaire avec l’organisme européen), québécois (Québec Vrai) et parfois américains.

Quelle est la différence entre label et organisme certificateur ?

La différence est surtout utilisée en Europe, l’organisme certificateur est celui qui procède au contrôle des sociétés et s’assure du respect des cahiers de charge ce qui permet d’apposer le non de l’organisme sur le produit qui dévient Certifié par… alors que le label réfère à tout autre gage de garantie, par exemple un produit peut être certifié ECOCERT mais labélisé Cosmébio. Un écolabel par exemple représenté par un logo n’est pas un label officiel, mais une mention attribuée par une organisation privée certifiante, afin d’établir qu’un produit ou un acteur a un impact réduit sur l’environnement.

Les produits portant ces vignettes respectent obligatoirement  le contenu des cahiers des charges sous lesquels ils ont été labélisés. Plusieurs labels peuvent être certifiés à partir d’un même cahier de charge. Le système prévoit également des organismes de surveillance (au Québec il s’agit de CARTV) qui s’assurent du respect de la loi et qui vérifient le travail des certificateurs. Lorsqu’un produit cosmétique ou de soins personnels a été certifié, l’étiquetage doit faire mention du nom du certificateur et faire référence au cahier des charges selon lequel le produit a été certifié.

Chaque cahier de charge définit les « règles » selon lesquelles on fabrique les produits comme:

  • quelles substances peuvent être utilisées;
  • quels sont les procédés chimiques qui sont autorisés pour la transformation des matières premières;
  • quels sont les procédés de fabrication des produits finis qui peuvent être très complexes et qui font la différence entre la certification de l’agriculture biologique et les cosmétiques biologiques;
  • quel est le pourcentage minimum et maximum des ingrédients biologiques et/ou naturels.

Tous les cahiers de charge suivent les cinq règles principales suivantes:

  • des principes de fabrication respectueux de l’homme et de l’environnement;
  • l’interdiction d’utiliser des substances comme certains conservateurs (le triclosan, les parabènes, le phénoxyéthanol), certains colorants synthétiques (la majorité des colorants synthétiques commençant par CI), les filtres chimiques, les sels d’aluminium, etc.;
  • l’emploi d’un maximum d’ingrédients végétaux;
  • l’utilisation d’une chimie verte, c’est-à-dire des procédés de transformation chimique qui respectent les ressources naturelles, réduisent la consommation énergétique, ne nuisent pas à l’environnement, etc.;
  • l’utilisation du strict minimum d’ingrédients synthétiques autorisés;
  • l’interdiction d’utiliser des matières premières entraînant la mort d’un animal ou de tester les produits sur des animaux vivants (certaines certifications vont jusqu’à la vérification de certaines matières premières pouvant affecter la vie de l’animal même si cela ne le tue pas).

Des différences de points de vue existent concernant le pourcentage minimum d’ingrédients issus de l’agriculture biologique imposé, les tensioactifs [2] autorisés et l’utilisation de certains produits de synthèse, mais tous les cahiers des charges offrent de sérieuses garanties.

Voyons un peu les différences entre les certifications les plus connues en Europe [3] puisqu’au Québec les produits de soin et de beauté certifiés sont majoritairement de provenance européenne. Ainsi, le plus souvent nous allons trouver des produits certifiés ECOCERT , BDIH , Cosmebio et Cosmétique Bio Charte Cosmetiques et Québec Vrai . Je donne ici également des informations sur quelques certifications moins présentes mais qui commencent à entrer sur le marché québécois:  NaTrue , Nature & Progrès , Cosmos .

Mise en garde : la certification est accordée à chaque produit individuellement et non pas à la compagnie ou à une marque complète. Ainsi, si vous avez acheté une crème Weleda, cela ne veut pas dire que tous les produits Weleda sont certifiés, bien au contraire. On labellise des produits cosmétiques, pas les marques . Une même entreprise peut vendre des produits labellisés Cosmébio BIO, des produits labellisés Cosmébio ECO mais aussi des produits non labellisés. Les documents et les sites Internet qui vous proposent des « marques de confiance » ne sont donc pas fiables, il faut toujours vérifier produit par produit.

La majorité des certifications biologiques devraient, par souci de transparence pour le consommateur, afficher le pourcentage des ingrédients bio sur le total des ingrédients mais en pratique j’ai remarqué que c’est surtout ECOCERT qui le fait. Avec Cosmos cette règle devrait s’afficher de façon systématique. Chaque fabricant peut offrir des quantités variables d’ingrédients bio pour autant qu’elles ne soient pas en dessous de la limite minimum exigée.

La plupart des cosmétiques biologiques utilisent des produits d’origine animale, mais seuls les produits ne nécessitant pas le sacrifice ou l’abattage des animaux sont autorisés (lait, œuf, produits de la ruche, mucus, graisse de la laine). Pour des cosmétiques sans ingrédients d’origine animale, il faut acheter des produits portant les labels   »Vegan society » ou « Certified Vegan ».

 

Le BDIH  est l’association fédérale des entreprises commerciales et industrielles allemandes pour les médicaments, les produits diététiques, les compléments alimentaires et les soins corporels. Cette association d’entreprises créée en 1951 comprend un groupe de travail dédié aux cosmétiques naturels qui a défini en 2001 les critères du label « cosmétiques naturels contrôlés ». Il y a une cinquantaine de compagnies dont les produits portent ce logo, les cinq plus connues chez nous sont: Dr. Hauschka,  Lavera, Logona, Aubrey Organic et Weleda. Contrairement à la France et au Québec, le mot « naturel » présente donc en Allemagne une garantie légale. Une marque devrait avoir plus de 60% de ses produits qui rencontrent les objectifs de BDIH pour que ses puissent être certifiés par cet organisme.

AVANTAGES

  • les produits doivent contenir au moins 50% de véritables huiles végétales et au maximum 50% d’huiles estérifiées (transformées à partir d’une huile naturelle);
  • on ne permet pas l’utilisation des eaux florales (la vapeur obtenue lors des distillations des huiles essentielles qui devient de l’eau) pour obtenir une certification bio;
  • il existe une liste de produits (huiles, extraits huileux, cires, extraits de plantes) qui doivent être obligatoirement bio;
  • n’autorise pas l’Ammonium Lauryl Sulfate présent dans pratiquement tous les shampoings;
  • ce label est l’un des plus exigeants concernant les critères environnementaux à respecter par le fabricant.

INCONVÉNIENTS

  • n’est pas un organisme indépendant, mais une association formée par des fabricants des cosmétiques dont les produits cosmétiques sont quand même contrôlés par un institut de contrôle indépendant, l’IMO ;
  • il n’y a pas de pourcentage obligatoire minimum d’ingrédients biologiques dans la composition d’un produit ;
  • certains conservateurs de synthèse (4) sont autorisés tels que l’acide benzoïque 3 , ses sels et ses éthylesters, l’acide salicylique 7 et ses sels, l’acide ascorbique 1 et ses sels ainsi que l’alcool benzyle 6 (les procédés d’extraction de ces conservateurs sont cependant très bien définis et encadrés).
  • on n’a pas de spécifications quant aux nanoparticules

La directive « cosmétique naturel contrôlé » de BDIH est utilisée dans ce  Guide de produits d’hygiène, de beauté et des cosmétiques non toxiques  pour éviter la confusion sémantique, au même titre qu’une certification biologique.

COSMEBIO

Le label Cosmebio

L’association professionnelle française Cosmebio , qui regroupe principalement des fabricants de cosmétiques, a mis en place un label pour les cosmétiques naturels en 2002. Le contrôle est effectué par des organismes certificateurs indépendants et agréés comme ECOCERT.

Qualité France est un autre organisme certificateur indépendant qui délivre les labels Bio et Eco de Cosmebio dont la charte n’est pas identique à celle d’ECOCERT. Il y a en réalité deux labels Cosmebio : le label ECO (écologique) et le label BIO (écologique et biologique).

Cette association regroupe plus de 350 adhérents et compte plus de 4000 produits certifiés.

Le label Cosmebio écologique et biologique garantit que l’on trouve:

  • au minimum 95 % d’ingrédients naturels ;
  • au minimum 10 % d’ingrédients bio dans le produit fini ;
  •  95 % d’ingrédients bios sur le total des ingrédients végétaux (sous le standard ECOCERT mais pas celui de Qualité France qui ne fait aucune mention pour ce type de calcul)
  • un maximum de 5% d’ingrédients de synthèse.

Label Cosmebio ECO

Le label Cosmebio écologique garantit que l’on trouve:

  • au minimum 95 % d’ingrédients naturels;
  • au minimum 5 % d’ingrédients bio dans le produit fini;
  •  50 % d’ingrédients bios sur le total des ingrédients végétaux;
  • un maximum de 5% d’ingrédients de synthèse.

Pour obtenir le label Cosmebio, il faut obtenir la certification d’ECOCERT ou Qualité France, donc tous ces labels reposent sur les mêmes cahiers de charges.

C’est un des labels les moins exigeants car, d’une part, il y a une tolérance de 5 % d’ingrédients de synthèse et, d’autre part, un produit peut être labellisé cosmétique « bio » avec seulement 10 % d’ingrédients issus de l’agriculture biologique…si on calcule que dans une crème hydratante 70 à 90% du contenu c’est de l’eau, il n’en prend pas beaucoup pour qu’un produit soit certifié biologique. Cosmebio autorise des produits chimiques comme le tensioactif Cocamidopropyl Betaine et le l’Ammonium Lauryl Sulfate, et six conservateurs de synthèse : Acide Benzoïque, Acide Ascorbique, Acide Salicylique, Alcool Benzylique, Acide Propionique, Acide Formique. Les conservateurs sont les mêmes pour ECOCERT et Qualité France.

ECOCERT

ECOCERT est un organisme de contrôle et de certification biologique indépendant fondé en France en 1991. Il est basé en Europe mais on le retrouve dans plus de 80 pays (ECOCERT Portugal, ECOCERT Roumanie, ECOCERT Canada), ce qui fait de lui un des plus grands organismes de certification biologique dans le monde entier. Ce référentiel correspond en fait aux spécifications techniques des labels Cosmétique Bio décrits ci-dessus. Au total, ECOCERT a comptabilisé 14 000 produits de beauté labellisés biologiques en 2009 [4] .

Garantie de la certification ECOCERT :

  • minimum 95% d’ingrédients d’origine naturelle;
  • 10% des ingrédients naturels doivent contenir des ingrédients issus de l’agriculture biologique;
  • maximum 5% d’ingrédients de synthèse.

AVANTAGES

  • est un organisme indépendant;
  • ECOCERT informe les consommateurs en apposant sur l’étiquette le pourcentage réel d’ingrédients biologiques contenus dans le produit global;
  • les producteurs sont contrôlés deux fois par an et ne reçoivent une licence et un certificat pour leur produit que si le processus de fabrication respecte entièrement la charte ECOCERT;
  • cette certification est une des plus rigoureuses sur les procédés de fabrication et les matières premières;
  • ECOCERT est une certification très évolutive, en 2007 elle a été la première à retirer le Phénoxyéthanol ainsi que le Guar Hydroxypropyltrimonim Chloride en 2008 et actuellement ils révisent leurs positions quant aux nanoparticules.

INCONVÉNIENTS

  • leur cahier de charge exige qu’au moins 95% du produit soit d’origine naturelle, cependant le mot « naturel » ne discrimine pas les matières premières naturelles et les produits modifiés chimiquement;
  • ne donne aucune limitation quant à l’emploi des huiles estérifiées (transformées à partir d’une huile naturelle);
  • permet l’utilisation de 5% de composants de synthèse dans un produit fini;
  • permet l’utilisation des eaux florales (la vapeur obtenue lors des distillations des huiles essentielles qui devient de l’eau) comme ingrédient biologique, la certification bio peut ainsi reposer sur l’utilisation de cette dilution qui n’est pas un gage de qualité;
  • ECOCERT  certifie des produits contenant  des ingrédients chimiques comme le tensioactif Cocamidopropyl Betaine 5 et le sodium laureth sulfate  4 ;
  • 6 conservateurs de synthèse sont permis : Benzoate de Sodium 2 , l’Alcool Benzylique 6 , l’Acide Formique 2 , l’Acide Propionique 2 et ses sels, l’Acide Salicylique 7 et ses sels et l’Acide Ascorbique 1 et ses sels.

Il faut toujours se rappeler que, peu importe la certification, les fabricants sont tenus de respecter le minimum exigé par le Cahier de charge, 10% dans le cas d’ECOCET bio mais qu’ils peuvent aller bien au-delà, même jusqu’à 30 ou 35% d’ingrédients biologiques dans la formule de certains produits.

NaTrue

Créé en 2008, NaTrue est un regroupement de fabricants de produits cosmétiques naturels et biologiques qui a pour principe que seules les matières premières naturelles et les matières premières transformées sont autorisées. Cet organisme vise un niveau d’exigence élevé aux normes de cosmétiques naturels et biologiques et l’uniformisation de la règlementation des labels à l’échelle européenne. 75 % des produits d’une marque doivent être certifié NaTrue pour qu’elle puisse être certifiée par cet organisme.

Le contrôle se fait par un organisme indépendant  américain, le QAI (Quality Assurance International).

Trois certifications sont possibles et les trois répondent aux critères de différenciation existants entre les cosmétiques biologiques et naturels : une étoile, deux étoiles et trois étoiles.

NaTrue* désigne les cosmétiques naturels répondant à des critères stricts concernant les ingrédients provenant de la nature.

 

NaTrue** désigne les produits naturels et partiellement bio qui doivent répondre aux exigences suivantes :

  • minimum de 15% de substances naturelles végétales ou animales ;
  • maximum de 15% de substances transformées d’origine naturelle ;
  • 70% d’ingrédients provenant de cultures biologiques contrôlées.

NaTrue *** désigne les produits biologiques et représente le niveau le plus exigeant qui ne peut être accordé à beaucoup de produits :

  • au moins 20% de substances naturelles et végétales ;
  • une composition d’un maximum de 15% de substances transformées d’origine naturelle ;
  • un minimum de 95% d’ingrédients issus de cultures biologiques contrôlées.

AVANTAGES

  • on ne permet pas l’utilisation des eaux florales (la vapeur obtenue lors des distillations des huiles essentielles qui devient de l’eau), donc on ne peut pas avoir recours à cette astuce pour la certification ;
  • une certification beaucoup plus claire (au sens où on comprend la pertinence de différencier la nature des produits et leurs procédés de fabrication) pour le consommateur qui établit trois groupes de cosmétiques en fonction de la part que l’eau occupe dans la totalité du produit et des formules utilisées dans la fabrication des cosmétiques qui peuvent être très différentes ;
  • pour chaque groupe de produit, un pourcentage minimum pour les produits naturels et biologiques est fixé étant de ce fait le label le plus exigeant ;
  • NaTrue a des exigences élevées dans le domaine éthique et écologique ;
  • cette certification impose des normes très strictes aux producteurs de sorte que le consommateur puisse bénéficier d’une transparence totale quant à la composition des cosmétiques naturels ou biologiques.

INCONVÉNIENTS

  • bien que plus juste et mettant l’accent sur le fait que la nature des produits peut être très différente, le système d’étoile demeure une labellisation plus difficile à comprendre par le consommateur qui ne s’intéresse pas de près au monde des certifications biologiques
  • NaTrue est un regroupement de fabricants de produits cosmétiques naturels et biologiques
  • en fin de compte cette certification malgré les éclaircissements qu’elle apporte n’est pas plus rigoureuse quant aux pourcentages de matières biologiques requises à l’obtention de la certification vu qu’elle adapte le pourcentage en fonction du ratio eau/total du produit et qu’elle accepte le plus grand nombre de conservateurs de synthèse (7): Acide Benzoïque, Acide Ascorbique, Acide Salicylique, Alcool Benzylique, Acide Déhydroacétique, Acide Propionique, Acide Formique.

NaTrue et National Sanitation Foundation aux États-Unis ont annoncé la création d’une nouvelle norme pour le marché américain qui est aussi valable au niveau international.

Nature & Progrès

Créée en 1964 par des médecins et des agronomes, l’association est à l’origine du premier cahier des charges de l’agriculture biologique au monde. C’est une fédération internationale regroupant consommateurs et professionnels qui offre une garantie d’un niveau d’exigence supérieur à la règlementation bio européenne. Le label n’est pas décerné qu’à un seul produit puisqu’au minimum 70 % des gammes de cosmétiques doivent répondre aux critères du cahier des charges. Le cahier des charges comprend également des exigences particulières concernant la gestion environnementale de la production.

Les produits certifiés par Nature & Progrès sont vérifiés par un organisme indépendant de certification Certipaq.

AVANTAGES

  • on ne permet pas l’utilisation des eaux florales (la vapeur obtenue lors des distillations des huiles essentielles qui devient de l’eau) ;
  • il n’y a pas de pourcentage imposé quant aux ingrédients biologiques bien que 100% des ingrédients végétaux doivent être issus de l’agriculture biologique certifiée Nature & Progrès.

INCONVÉNIENTS

  • il revient au consommateur de calculer la part des ingrédients biologiques dans la totalité du produit.
  • cette certification permet aussi l’utilisation des conservateurs de synthèse mais en nombre très restreint, trois seulement : Acide Benzoïque, Acide Ascorbique, Acide Déhydroacétique.

Soil Association

Ce label a été fondé en 1946 par un groupe de fermiers, de scientifiques et de nutritionnistes. Cette certification britannique est très stricte et se passe à deux niveaux (plus de 95% ou moins de 95% d’ingrédients biologiques). Pas beaucoup de produits peuvent porter le logo «  UK Soil Association Organic  », car 95% des composants doivent être issus de l’agriculture biologique. Les produits contenant moins de 95% d’ingrédients biologiques ne peuvent afficher que la mention « Organic ».

Cette association garantit aux consommateurs une réelle transparence quant à la composition de ses produits. Les parabènes et le phenoxyethanol sont cependant permis ainsi que quatre conservateurs de synthèse : Acide Benzoïque, Acide Ascorbique, Alcool Benzylique, Acide Déhydroacétique et le Phénoxyéthanol sous approbation spéciale.

COSMOS ORGANIC

Lancée le 31 janvier 2011, une nouvelle certification européenne issue d’une longue négociation entre les  principaux acteurs des cosmétiques naturels et biologiques en Europe a vu le jour . Plusieurs organismes de certification sont déjà agréés par Cosmos-standard : BDIH en Allemagne, ECOCERT Greenlife, ICEA et AIAB pour l’Italie,  Qualité France et Soil Association Certification Ltd. en Angleterre. Une procédure d’homologation est en vue pour les nouveaux organismes certificateurs opérant selon les critères de Cosmos-standard. Bien que conçu pour standardiser les certifications européennes comme NaTrue, ce label change peu de choses pour le consommateur à ce niveau et on peut dire que l’objectif même de la création n’a pas été atteint, car les logos nationaux vont rester en place et seront seulement complétés par une mention «  Cosmos Organic  » ou «  Cosmos Natural  » selon le type de certification. L’avantage de cette certification consiste dans le fait qu’elle est allée chercher les points les plus exigeants des tous les organismes de certification (qui doivent changer leurs standards s’ils désirent apposer un de ces deux logos sur leurs produits) de sorte qu’elle certifie et offre au consommateur un produit supérieur

Ce label garantit :

  • 95% d’ingrédients provenant d’une agriculture naturelle ;
  • 20% de ces ingrédients doivent être bio ;
  • 95% des ingrédients naturels transformés mécaniquement doivent être bio ;
  • 30% de ces ingrédients transformés chimiquement doivent être bio ;
  • un maximum de 5% d’ingrédients de synthèse excluant le polyéthylène glycol, les silicones, les dérivées pétrochimiques et les parabènes.

Voici les conservateurs permis pas Cosmos : Acide Benzoïque, Acide Ascorbique, Acide Salicylique, Alcool Benzylique, Acide Déhydroacétique.

USDA ORGANIC

USDA ORGANIC   est une norme biologique élaborée en octobre 2002 pour les produits alimentaires cultivés sans pesticide ni engrais et les produits composés d’ingrédients naturels. Le label « USDA ORGANIC » peut être apposé sur les produits cosmétiques conformes aux normes définies par l’USDA.

Quatre certifications sont possibles ce qui s’apparente à la conception de NaTrue : les produits en fonction de leur formule de fabrication contiennent des quantités très différentes d’ingrédients biologiques, la même certification ne peut donc pas s’appliquer à tous les produits certifiables.

100% Organic -Le produit doit contenir (à l’exclusion de l’eau et du sel) que des ingrédients de l’agriculture biologique.

Organic -Le produit doit contenir au moins  95 % des ingrédients biologiques (sauf l’eau et le sel). Les ingrédients restants doivent être composés de substances non agricoles approuvées par la National List ou des produits agricoles non biologiques qui ne sont pas disponibles dans le commerce sous forme biologique, se trouvant aussi sur la National List. Les produits peuvent afficher le sceau USDA Organic et doivent afficher le nom de l’agent de certification et l’adresse.

Made with organic ingredients (Fabriqué avec des ingrédients biologiques)-Les produits contiennent au moins 70% d’ingrédients biologiques et l’étiquette du produit peut contenir jusqu’à trois des ingrédients biologiques ou «groupe d’aliments » sur l’étiquette d’affichage principale. Par exemple, une lotion pour le corps faite au moins de 70% d’ingrédients biologiques (sauf l’eau et le sel) et seulement des herbes biologiques peut être étiquetée soit « lotion pour le corps à base de lavande bio, de romarin bio, de camomille bio », ou bien « lotion pour le corps à base de plantes biologiques ». Les produits peuvent afficher le sceau USDA Organic et doivent afficher le nom de l’agent de certification et l’adresse.

Less then 70% organic ingredients (Moins de 70% d’ingrédients biologiques)-Les produits ne peuvent pas utiliser le terme « biologique » nulle part sur l’étiquette d’affichage principale. Toutefois, ils peuvent identifier les ingrédients spécifiques qui sont USDA certifiés comme étant de production biologique sur la déclaration des ingrédients sur l’étiquette du produit. Les produits peuvent afficher le sceau USDA Organic et peuvent ne pas afficher le nom de l’agent de certification et son adresse. (L’eau et le sel sont également exclus ici.)

L’inconvénient de cette certification qui appose son logo dans les quatre cas c’est qu’il incombe au consommateur de voir les détails de la certification qui font toute la différence entre les qualités des produits certifiés.

Le contrôle est effectué par le ministère de l’Agriculture américain.

Ce label garantit l’absence d’ingrédient non naturel et de radiation ionisante dans la production et le traitement des produits.

Compagnies qui ont certains produits certifiés USDA ORGANIC : Origins, Dr. Bronner, Terressentials, Aubrey Organics, One Group, OrganicEssence (tous les produits), Nature’s Baby Organics.

Voici un nouvel article publié par BioFach paru en Mai, 2011 qui vient nous éclairer un peu. [5]

« Certification de soins personnels naturels aux États-Unis? Nouvelle norme recherchée.

Comme en Europe, l’orientation est encore difficile pour les consommateurs et la variété des labels et des certifications est source de confusion. L’étiquette officielle de l’USDA (United States Department of Agriculture), initialement développée pour les aliments biologiques, est fréquemment utilisée dans le segment des soins personnels naturels, car aucune norme légalement autorisée n’existe pour ces produits . Les organisations privées comme NPA (Natural Products Association) ou NSF International (National Sanitation Foundation) ont élaboré des normes et offrent la certification. Ce dernier coopère avec NaTrue, l’association allemande fondée par les fabricants de cosmétiques naturels. Les deux organisations ont annoncé la création d’une nouvelle norme pour le marché américain, qui est aussi valable au niveau international. Prenant effet en juin 2011, Whole Foods Market, la chaîne commerciale de l’Amérique qui a le plus de succès pour les produits biologiques et naturels, a l’intention de n’accepter de distribuer que les produits naturels des fournisseurs de soins personnels qui ont la certification de l’USDA ou de la NSF ».

Quality Assurance International

Quality Assurance International ( QAI ) pionnier de l’industrie biologique, a été fondée en 1989 à San Diego, en Californie. Fournisseur leader de services de certification biologique dans le monde et accrédité par de multiples organisations, les programmes de QAI vérifient l’intégrité organique à chaque maillon de la chaîne d’approvisionnement. Ainsi QAI favorise une agriculture durable et raisonnée tout en éduquant et en sensibilisant les consommateurs à la communauté organique.

Quality Assurance International (QAI) est l’organisme accrédité auprès du Département américain de l’agriculture (USDA) et qui est chargé des certifications des produits auxquels la norme NFS/ANSI 305 est applicable.

Le QAI est accrédité par le CARTV comme organisme certificateur.

La norme NFS/ANSI 305 autorise la revendication « made with organic » pour les produits contenant 70 % ou plus d’ingrédients bio et conformes à toutes les autres exigences. Les produits couverts par le standard comprennent les produits rincés ou non, ainsi que les produits de soin pour la bouche et d’hygiène personnelle. La norme précise les matériaux, les processus, les critères de production, et toutes les conditions qui doivent être réunies pour autoriser la revendication.

NaTrue et QAI sont parvenus à un accord pour créer une procédure accélérée de reconnaissance mutuelle pour la certification des produits répondant à la fois aux critères du référentiel NaTrue et à ceux de la norme américaine US NSF/ANSI 305.

QUÉBEC VRAI

Vous allez également trouver au Québec des produits de soins et cosmétiques labélisés par  Québec vrai.

Malgré les demandes répétées d’information concernant le Cahier de Charge l’organisme nous a répondu que « Québec Vrai fait de la certification biologique sur la base de la norme actuellement en vigueur au Québec » or il n’y a  pas de norme actuelle en vigueur au Québec pour les cosmétiques…

Selon les réponses que nous avons obtenues de cet organisme, deux catégories de certifications sont offertes :

  1. Certification biologique (plus de 17% d’ingrédients bio sans l’eau) avec la possibilité de mentionner produit biologique certifié par Québec Vrai sur les contenants.

Cette certification implique un audit annuel.

  1. Vérification d’ingrédients avec la possibilité de mentionner ingrédients biologiques vérifiés par Québec Vrai .

Cette certification implique un audit à l’adhésion et les années suivantes c’est une revue     documentaire.

Nous n’avons pu obtenir aucune information quant aux procédés de fabrication et au Cahier de charge, nous en avons donc déduit qu’il n’y a pas vraiment de référentiel pour cette certification. Ce ne semble pas très rigoureux comme certification, car un cosmétique peut contenir un très faible pourcentage d’ingrédients naturels ou biologiques et un grand pourcentage d’ingrédients de synthèse et obtenir quand même l’attestation  « Québec vrai ». L’organisme se donne le droit de juger de l’ensemble des composantes avant de le labelliser mais nous ne savons pas quels en sont les critères.

Québec Vrai [6] est formé et dirigé par les membres qui y adhèrent, soit des producteurs, des transformateurs, des distributeurs et des détaillants. Selon leur propre définition, c’est « Le seul organisme ayant des intérêts uniquement québécois et ce depuis maintenant 14 ans! »

Pour compléter ce chapitre, je vous propose d’autres labels que je n’ai jamais vus en vente chez nous, mais qui pourront  arriver bientôt.

Association Italienne de l’Agriculture Biologique qui garantit au consommateur un produit d’origine naturelle et peu nocive pour la santé.

Label privé collectif Biogarantie garantissant un minimum de 95% d’ingrédients issus de l’agriculture biologique.

Label anglais Organic AgriQuality qui respecte les normes les plus strictes au monde de la Fédération Internationale des Mouvements de l’Agriculture Biologique et dont les produits doivent être composés à 100% d’ingrédients naturels et de 70% à 90% d’ingrédients issus de l’agriculture biologique.

D’autres labels que vous pourriez trouver sur un produit de beauté ou cosmétique.

Natural Products Association Certified vous garantit un produit dont les ingrédients sont à 95%d’origine naturelle (l’eau étant exclue) et filtre des ingrédients à éviter comme ceux de la Dirty List mais ce   n’est pas une certification biologique  et ne vous garantit rien en termes d’innocuité.

En cosmétique, le logo Vegan stipule que le produit ne contient aucun ingrédient d’origine animale, mais il n’y a pas de garantie quant à l’innocuité. Plusieurs présentoirs dans les boutiques de produits naturels mettent de l’avant ce logo, mais « VEGAN » n’est pas une certification biologique .

Le lapin Bunny signifie que le fabricant n’a fabriqué, commandité ou accepté aucun test sur les animaux pendant la fabrication ni sur les ingrédients qui composent le produit. Ce logo ne renvoie pas à l’innocuité du produit.

Le label de recyclage

Le ruban de Möbius sert à reconnaître les objets élaborés à partir de matériaux recyclés ou de matériaux recyclables. Si aucun pourcentage n’est indiqué dans le centre du ruban cela veut dire que le contenant est seulement recyclable, s’il existe un pourcentage cela indique qu’il est fait à partir des matériaux recyclés au pourcentage indiqué.

Le même critère s’applique maintenant au papier recyclé.

En général, les certifications biologiques interdisent les matières premières génétiquement modifiées . Ecocert, Cosmebio, Soil Association et NaTrue précisent que les matières premières génétiquement modifiées sont interdites conformément au règlement européen sur la production biologique.

Les labels écologiques ou équitables comme Bio Équitable,  Cœur de forêt, Eco control, Eco-label européen, ECOCERT Équitable-ESR,  Fairtraide-Max Havelaar  certifient des produits issus du commerce équitable, responsable, solidaire et écologique mais ne vous garantissent pas un produit biologique ou non toxique à moins qu’ils soient accompagnés  d’un autre logo, comme ceux qu’on a vus plus haut certifiant un produit biologique et pas nuisible pour la santé.

Pour plus de choix écologiques, équitables et solidaires, consultez le site www.equiterre.org

Conclusions  :

  • Comme souvent dans le cours de notre histoire les divergences européennes soient-elles des guerres de cent ans ou des controverses des cosmétiques biologiques nous touchent directement.
  • Certaines certifications  sont très sévères et les produits labélisés sont très sécuritaires mais d’autres, bien qu’en nombre très, très restreint, permettent encore quelques ingrédients controversés, d’origine synthétique qui sont en discordance avec  la définition même d’un produit biologique.
  • Plus de transparence est nécessaire pour certains labels.
  • Le grand nombre de certifications et de labels est un sérieux problème pour le consommateur et l’harmonisation des certifications au niveau européen et nord- américain autant pour les cosmétiques que pour les produits de consommation alimentaire s’impose de plus en plus.
  • La part bio dans un produit dépend beaucoup de sa nature (une part très faible dans les produits pour les cheveux, les teintures, les shampooings, les dentifrices ou les déodorants par exemple) et la qualité du produit est donné par les six premiers  ingrédients sur la liste INCI qui devraient être des véritables huiles végétales, graisses ou cires authentiquement naturelles certifiées biologiques.


[1] ↑ Des changements sont attendus à partir de juillet 2011

[2] ↑ Ingrédient qui réduit la tension de surface et favorise une répartition uniforme du produit lors de son utilisation. Beaucoup de tensioactifs jouent également le rôle d’émulsifiants ou d’agents moussants, on les retrouve le plus fréquemment dans les gels douche, les shampooings ou les crèmes à raser (définition de L’observatoire des cosmétiques).

[3] ↑ Cette étude comparative a comme source le document ‘’La cosmétique bio c’est quoi, au juste ? 50 questions et 50 réponses de Rita Stiens.

[4] ↑ Source :http://www.terrafemina.com/societe/environnement-et-ethique/articles/638-cosmetiques–la-revolution-bio-est-en-marche-.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%253A+TerrafeminaNews+%2528TerrafeminaNews%2529&utm_content=FaceBook

[5] ↑   Source : http://www.biofach-america.com/en/press/pressreleases/?focus=en&focus2=nxps%3A%2F%2Fnueme%2Fpressnews%2Fb58a46b4-59ff-4517-930a-8c38a30ed140%2F%3Ffair%3Dbiofachamerica%26language%3Den&print=true

[6] ↑ Définition trouvée sur http://www.servicesconseils.qc.ca/Consultation/Organisme/Fiche.aspx?i=5679

4 réflexions au sujet de « Labels et certifications »

  1. Les produits 3 chênes (distribution Canada pour 3 chênes Canada Montréal – Québec) indiquent sur leurs boîtes de coloration « color&soin » sans ammonique, sans résorcine, sans paraben, sans silicone. Hors, je viens de constater qu’il y avait du P-PHENYLENEDIAMINE !!!
    Ne pensez-vous pas qu’il s’agit d’une forme de tromperie pour encourager les personnes (comme moi….) qui ont acheté le produit en pensant bien faire ???
    Je n’en achèterai jamais PLUS !!!

  2. Après lecture, tous les produits sont dangereux même le Bio . Ayant une peau sensible, je me tournais vers le Bio. Seulement mon problème. Ma peau fait virer certaines odeurs, qui sur moi deviennent infectes. Que faire. Quelles marques sont vraiment sûres???? J’attends votre réponse.

    • Les produits certifiés biologiques peuvent vous offrir un maximum de protection, sinon, il faut voir un allergologue, identifier les ingrédients auxquels vous êtes allergique et apprendre à lire les étiquettes comme moi-même qui souffre aussi d’innombrables allergies!

  3. Malheureusement, la plupart des cosmétiques bio du Québec ne sont pas certifiés.
    Ces entreprises utilisent l’appellation bio sur leur étiquette ou sur leur site ou dans le nom de leur cie et ne sont pas certifiées par un organisme. C’est le cas pour Zorah, qui n’a pas de certication et de Corpa Flora, que j’ai contacté pour leur rappeller que le mot bio est une appellation contrôlée et que pour protéger le consommateur, l’entreprise doit être certifiée.
    Quel fouillie et quelle duperie…

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