Lire les étiquettes

 

« Santé Canada a la responsabilité de s’assurer que les produits cosmétiques distribués au Canada n’exposent pas le public canadien à un risque déraisonnable .

Le Programme des cosmétiques de Santé Canada a pour mandat de protéger la santé de la population canadienne en réduisant les risques associés à l’utilisation des cosmétiques vendus au Canada ».

La question qui se pose est : qu’est-ce qu’un risque déraisonnable et au nom de quoi doit-on tolérer un risque ? Pourquoi ces substances chimiques ont-elles plus de droits que les êtres humains ? Pourquoi doit-on gérer le risque plutôt que l’éliminer ? Si le danger est une propriété inhérente à une substance chimique pourquoi ne pas l’exclure plutôt qu’inventer des mesures, des tests, des spécialistes, des études qui vont finir par nous faire accepter un risque. Comment est-ce possible qu’on nous impose l’idée de l’acceptabilité du risque comme étant partie intrinsèque de la consommation ? Et surtout comment est-ce possible que nos propres gouvernements légifèrent surtout et avant tout à l’avantage des industries plutôt qu’à la protection de la population ?

Cet important concept du risque à prendre par le consommateur de la société moderne est magistralement expliqué par Marie-Monique Robin dans son livre « Notre poison quotidien ». Derrière les risques contre la santé sont toujours les bénéfices. Les notions qui sont à la base des calculs « des risques déraisonnables » tiennent compte surtout des coûts et des bénéfices économiques. Voici ce qu’elle dit en citant Michel Gérin et ses coauteurs dans leur manuel Environnement et santé publique .

« Bien que la notion de risque et de niveau acceptables soit très controversée, on s’accorde à dire qu’un risque de l’ordre de 10 -6 (un cancer par million de personnes exposées) est acceptable dans le cas des produits chimiques qualifiés de cancérogènes chez l’animal ». Rapporté à la seule population française, ajoute Marie-Monique Robin, ce quota signifie soixante morts annuelles pour un seul produit cancérigène. Quand on sait que des milliers produits cancérigènes (mais aussi neurotoxiques et reprotoxiques) sont actuellement en circulation, on mesure mieux l’étendue des dégâts et le malaise des « experts » dont la mission est de masquer l’hécatombe par des colonnes de « dose journalière acceptable » et autres « limites maximales de résidus ».

Mais voyons comment cela se passe plus précisément pour les cosmétiques chez nous.

Au Canada ainsi qu’aux États-Unis, dans l’Union européenne et au Japon, les noms des ingrédients sont répertoriés sur les étiquettes des produits cosmétiques en fonction de la quantité, en ordre décroissant: du plus grand pourcentage qu’ils occupent dans le produit jusqu’au plus petit et jusqu’à concurrence de 1%. En bas de 1%, ils sont énumérés aléatoirement. Pour désigner les ingrédients, on utilise le INCI  conçu en 1973 ( International Nomenclature of Cosmetic Ingredients ) ce qui permet de savoir ce que contiennent les cosmétiques et de standardiser leurs appellations qui sont les mêmes dans tous les pays qui utilisent ce système. L’inconvénient de cette nomenclature est qu’elle est incompréhensible pour  le consommateur (voir exemples plus bas) qui, en plus, ne peut savoir exactement la quantité exacte des ingrédients ni leur origine. L’INCI se base sur deux langues: le latin pour désigner les plantes et l’anglais pour nommer certaines molécules. Les ingrédients parfumés sont regroupés sous le nom de « parfum » et les colorants sont désignés, en majorité,  par un Colour Index, qui s’écrit CI puis un nombre à 5 chiffres.

Les premiers ingrédients (4 à 8 premiers nommés) forment la base du produit et de leur quantité confère la qualité du produit.

Exemple d’étiquette avec nomenclature INCI [1]

Ingredients : AQUA – STEARIC ACID – CETEARYL ETHYLHEXANOATE – CETEARYL ALCOHOL –PARAFFINUM LIQUIDUM – CAPRYLOYL GLYCINE –POLYSORBATE 80 – CERA ALBA – PEG-8 –TRIETHANOLAMINE – SODIUM LAURYL SULFATE –SODIUM CETEARYL SULFATE – PARFUN – ALPHA ISOMETHYLIONONE – BENZYL SALICYLATE – LYRAL

 

Le 16 novembre 2006, les lois sur l’étiquetage des cosmétiques ont été modifiées au Canada, obligeant les fabricants à inscrire sur l’emballage de leurs produits la liste complète des ingrédients INCI. Malheureusement certains ingrédients peuvent être regroupés et protégés sous un mon générique, c’est le cas du «  Parfum  » ou «  Fragrance  » et sont généralement des ingrédients synthétiques non identifiables par le consommateur sauf si l’on indique clairement (par un astérisque *) qu’il provient d’un extrait, d’une huile essentielle ou d’une huile végétale, donc qu’il est d’origine naturelle et végétale. Ces parfums d’origine synthétique [2] (on les appelle aussi  fragrances ), sont toxiques pour l’humain en provoquant des allergies et de l’asthme et, parfois même, peuvent contenir du toluène et des phtalates.

Le rapport Not So Sexy: The health risks of secret chemicals in fragrance, Canadian Edition, rédigé par les chercheurs de Canada Environmental Defence et de Campaign for Safe Cosmetics, montre que 12 des 17 parfums testés contenaient du phtalate de diéthyle, une substance chimique toxique décelée chez 97 % des Américains. Le phtalate de diéthyle serait responsable du développement anormal des organes génitaux chez les bébés de sexe masculin et de différentes anomalies observées dans le sperme d’hommes adultes. Si vous voulez en savoir plus sur ce rapport, l’émission télévisée La Facture diffusée sur les ondes de Radio Canada a consacré une émission sur le sujet [3] . Vous trouverez aussi un très bon résumé de ce rapport sur le site de l’EWG [4] ainsi que des exemples de marques de parfums contenant ces ingrédients toxiques.

Contrairement à L’Union Européenne, au Canada [5] , il n’y a pas de législation encadrant l’affichage des ingrédients allergènes contenus dans le parfum ni la quantité de parfums permise dans un produit cosmétique. Sous le générique « parfum » se cachent des dizaines des produits chimiques et toxiques que les fabricants dissimulent souvent au nom du « secret commercial ». Le comble c’est que l’INCI « Parfum » peut être protégé même dans le cas des cosmétiques certifiés biologiques. La mention « non parfumé » [6] ne représente aucune protection non plus, car les fabricants utilisent d’autres substances toxiques pour masquer les odeurs désagréables du produit. L’étiquette « non parfumé / sans parfum », selon le site de Santé Canda, signifie qu’ « il n’y a pas de parfums ajoutés, ou qu’il y a un ingrédient qui masque l’odeur des autres ingrédients dans le cosmétique » [7] . Cela fait qu’en moyenne, chaque produit « avec  parfums » contient 6% de parfums alors qu’un produit « sans parfum » en contient plus du double, soit 15% ! Ceci est un non- sens : plus de toxicité pour un produit « sans parfum » que pour un produit avec parfum !

Voici ce que dit la Fondation David Suzuki à ce sujet : «  Plus de 3000 produits chimiques différents sont utilisés comme ingrédients de fragrance dans les produits d’hygiène et de beauté. Un seul produit cosmétique – comme un savon, un shampoing, une crème ou un déodorant – peut contenir des dizaines de ces produits chimiques».

Comme les produits spécifiques qui composent le parfum n’ont pas besoin d’être divulgués car protégés par le secret commercial, il n’y a donc aucune manière de savoir ce qu’on met sur notre peau ! En l’absence d’une législation claire et sans égard pour la protection des consommateurs, cette pratique douteuse est conforme aux lois actuelles du Canada ! En ce moment une campagne de transparence exigeant la divulgation complète des ingrédients contenus dans le « parfum » présents dans  les cosmétiques et un encadrement gouvernemental plus rigoureux des produits d’hygiène et de beauté est menée par la Fondation David Suzuki.

Contrairement aux produits alimentaires et aux médicaments, les produits cosmétiques et les matières premières utilisées lors de leur fabrication ne font pas l’objet d’une approbation gouvernementale  avant d’être vendus. La seule chose qu’on exige des fabricants, c’est de fournir à Santé Canada, 10 jours après la mise en vente d’un nouveau produit, le nom de tous les ingrédients qu’il contient même si ces ingrédients n’ont pas été évalués.

À ce jour, Santé Canada a répertorié plus de 500 substances interdites ou d’usage restreint dans les cosmétiques (par exemple, les colorants dérivés du goudron qui sont des cancérigènes connus [8] ) et la Liste critique des ingrédients dont l’utilisation est restreinte ou interdite dans les cosmétiques continue de s’allonger. Malheureusement, sur les 10 500 ingrédients chimiques utilisés dans les produits de soins personnels (selon E.W.G) seulement 4000 ont été étudiés et ces observations ont été faites sur les produits séparément sans égard aux effets pour la santé à long terme ou bien pour la bioaccumulation. Au Canada, les règlements sur les cosmétiques interdisent seulement quelques composants de plus qu’aux États-Unis [9]   mais de nombreux produits vendus ou fabriqués dans notre pays, y compris des produits destinés aux bébés, contiennent toujours des substances toxiques et dangereuses pour la santé. Voici quelques exemples:

  • « Étant donné que la plupart des produits cosmétiques peuvent rester sur les présentoirs des magasins pendant des mois, de forts agents conservateurs sont nécessaires pour éviter que les ingrédients ne se séparent et pour prévenir les contaminations microbiennes, bactériennes et fongiques. » [10]
  • Les agents conservateurs les plus communément utilisés sont les parabènes (voir le chapitre « La controverse des parabènes ») qui sont des perturbateurs endocriniens et hormonaux imitant les œstrogènes.  L’Institut national de recherche environnementale du Danemark a récemment montré que 99 % des cosmétiques et 77 % des cosmétiques sans rinçage contenaient des parabènes et que très peu de crèmes hydratantes en sont exemptes. Ces parabènes affectent aussi la qualité du sperme et le développement du fœtus mâle et sont aussi de forts sensibilisants, ils irritent la peau et les yeux à l’instar du DMDM Hydantoine qui peut éventuellement diffuser du formaldéhyde.
  • Un autre conservateur très utilisé et que l’on trouve dans quasiment toutes les préparations cosmétiques est l’Imidazolidinyl Urea . Selon l’ American Academy of Dermatology, on a découvert qu’il pouvait causer des dermatites.

  • Le formaldéhyde et le toluène   présents surtout dans les vernis à ongles ainsi que dans les fortifiants pour les ongles, les savons, les shampoings et les préparations pour la croissance des cheveux, sont des ingrédients  cancérigènes en cas d’inhalation (risque de cancer des poumons), très allergisants et irritants (brûlement des yeux et des bronches). Les conservateurs suivants libèrent le formaldéhyde au contact de l’eau: 2- Bromo-2-Nitropropane-1,3-Diol, Diazolidinyl Urea, DMDM Hydantoin, Imidazolidinyl Urea, Quaternium-15.
  • L’Aluminium [11] , la poudre de talc et les dioxines sont également des ingrédients dangereux présents surtout dans les déodorants et les savons antibactériens.
  • Le triclosan est un perturbateur endocrinien et le plus grand biocide (dont l’utilisation nous rend insensibles aux antibiotiques) se trouvant dans une vaste gamme de produits non seulement cosmétiques, mais aussi d’usage quotidien comme des meubles, des jouets, des tissus, des produits de ménage et bien que classé par Environnement Canada comme toxique pour l’environnement il est encore présent dans les dentifrices, les rinces bouches, les antitranspirants, les nettoyants pour le corps et les savons.

Mon but ici est de ne donner que quelques exemples d’ingrédients dangereux encore présents dans les produits cosmétiques en vente sur le marché canadien et contre lesquels nous, les utilisateurs, ne sommes pas protégés. Pour voir  en détail le lien entre chaque produit chimique et ses conséquences CANCÉRIGÈNES, MUTAGÈNES ET REPROTOXIQUES sur notre corps, je vous invite à consulter le site de l’  Environmental Working Group » section  Chimical Index [12] et, pour un plus bref aperçu, vous référer à la Dirty List de la Fondation David Suzuki dans le chapitre «  Les cosmétiques sont-ils toxiques?  ». Vous trouverez également une très bonne présentation sur les phtalates sur www.sabotage-hormonal.com [13]

Le lobby de l’industrie chimique soutient que chaque produit chimique, lorsqu’utilisé en quantité mesurée et permise selon les normes en vigueur, est inoffensif, que les risques pour la santé sont difficilement mesurables, car tout dépend de notre type de peau, du nombre d’applications et d’interactions. Notre doute est légitime et tient du bon sens élémentaire ! Ce sont les effets combinés des produits chimiques présents dans les produits cosmétiques et leur accumulation dans le corps qui mettent en danger notre santé, d’autant plus que les mêmes ingrédients toxiques se retrouvent également dans des produits sur les rayons des pharmacies et des chaînes alimentaires. Je n’ai jamais vu un produit cosmétique limitant le nombre d’applications par jour…ou bien ayant une mise en garde au sujet des interactions possibles avec d’autres produits et d’autres ingrédients. Combien de produits de soins personnels utilisez-vous par jour ? Des 10.500 produits chimiques qui sont régulièrement utilisés dans l’industrie cosmétique, une femme absorbera en moyenne 160 ingrédients quotidiennement…en moyenne…j’ai déjà parlé de cet aspect dans le chapitre «  Les cosmétiques sont-ils toxiques?  » mais comme je suis une enseignante j’ai tendance à me répéter…

On remarque de plus en plus de produits cosmétiques aux étiquettes en vogue avec de jolies fleurs printanières et des inscriptions comme « Vert », « Green », « Natural », « Eco-Friendly » et « Hypoallergénique ». Sous ces apparences rassurantes se cache une autre astuce marketing des fabricants de produits cosmétiques pour attirer les consommateurs. D’aucune façon ces inscriptions peuvent-elles donner quelque garantie que ce soit, car il n’existe à ce jour aucune définition légale ni certification particulière pour ces mots.

Aux États-Unis des marques de cosmétiques faussement bio ont récemment été attaquées pour tromperie.

Le Center for Environmental Health (CEH), une ONG située à Oakland, en Californie, a déposé plainte contre 26 fabricants de cosmétiques auxquels il reproche d’étiqueter une utilisation trompeuse de la mention « biologique » sur leurs produits.

Parmi les entreprises citées dans la procédure figurent Hain-Celestial, Alliance Boots, Jason, Amazon Forest, Kiss My Face, et d’autres grandes marques. [14]

« Le terme «  hypo allergène  » n’est ni juridique ni même scientifique. Il signifie simplement que le fabricant a choisi des ingrédients de façon à obtenir un produit fini qui amoindrit le risque des réactions allergiques. Il n’y a pas de garantie que le produit ne causera pas de réactions allergiques chez certains individus, car les gens peuvent être allergiques à un vaste nombre de substances. Il n’existe pas de cosmétiques non allergènes ». (Citation extraite du site de Santé Canada ).

Les lignes de produits qui affichent ‘’Bio’’ (car cela peut rapporter gros) mais sans certification légale ne sont pas dignes de confiance non plus.

Mis à part les certifications qui vous garantissent un produit de qualité, le marché est inondé en ce moment de toutes sortes de SLOGANS PUBLICITAIRES PSEUDO NATURELS QUI NE VOUS OFFRENT AUCUNE PROTECTION. On peut s’afficher  « vert », ce qui ne veut légalement rien dire, et continuer à utiliser les classiques PEG ou BHT. Dans la foulée, certaines compagnies vont mettre de l’avant quelques (un ou deux) produits ou ingrédients  « santé » ou  « naturels » ou une longue liste de « SANS » alors que tous les autres composants n’ont rien de naturel ou de sain. Exemple: sans colorant, sans parabène, avec Aloès Véra, avec vitamine E ou C etc..

La plus grande arnaque, selon moi, c’est de n’afficher que les ingrédients actifs ! En réalité, ces ingrédients actifs représentent un pourcentage infime dans la composition du produit, de 0.1 vers le bas… Que veut-on cacher alors !?! Franchement, je me méfie de ces produits qui en plus sont dans l’illégalité [15] car, selon la loi, pour les cosmétiques on doit afficher tous les ingrédients sauf ceux couverts par le secret professionnel. Lorsque vous allez sur les sites des certaines marques de produits de soins et de cosmétiques, l’absence des listes complètes d’ingrédients INCI n’est pas bon signe. Certains produits cosmétiques à caractère « thérapeutique », les écrans solaires ou des lotions antibactériennes sont considérés des médicaments (drogues) et dans ce cas « Le règlement sur les cosmétiques » ne s’applique pas donc, le fabricant peut afficher seulement les ingrédients actifs. Les produits de santé naturels comportent une PSN et les médicaments un DIN et les critères à suivre sont différents des cosmétiques.

Mais le comble de la mauvaise foi, c’est l’inscription  « sans conservateurs » . Ceci est impossible. Comment alors le produit peut-il être protégé des bactéries ou de proliférations microbiologiques? À moins que ce soit une huile ne contenant pas d’eau, des  cosmétiques secs (poudre, fard à paupières), un beurre (comme le karité) ou des produits provenant directement de la nature comme l’argile, les produits cosmétiques ont toujours des conservateurs plus ou moins toxiques. Des technologies nouvelles pour éviter les conservateurs comme l’U.H.T. ou la gélification de l’eau existent, mais elles sont extrêmement rares et ne sont pas encore disponibles chez nous, à ma connaissance il y a une seule compagnie canadienne qui fabrique des produits cosmétiques sans conservateurs. L’utilisation des unidoses stériles ou des flacons à pompes qui isolent parfaitement le produit de la lumière et de l’air ne nécessitent pas de conservateur non plus, mais le reste des cosmétiques ont besoin d’un conservateur pour les protéger de la contamination. C’est d’ailleurs le plus grand casse-tête de la nouvelle vague des cosmétiques biologiques pour lesquels on doit toujours utiliser des conservateurs synthétiques (voir chapitre «  Labels et certifications  »).

Alors si vous voyez la mention « sans conservateurs » sur un produit, et s’il n’y a pas d’instructions spécifiques sur la façon de conserver le produit, soyez prudents !

D’autres compagnies, par exemple pour les teintures à cheveux,  vont mettre en gros caractères SANS PARABEN ET AMMONIAQUE. Ce n’est qu’une fois à la maison après avoir lu la liste complète des ingrédients qu’on l’on se rend compte que les poisons y prolifèrent sans vergogne. Une teinture avec cette mention peut être même plus toxique qu’une autre qui contient des parabènes et de l’ammoniaque. On se demande parfois comment les magasins de produits naturels peuvent mettre ces produits sur les tablettes !?! Voir une description détaillée des teintures dites « non toxiques » sur cette page .

Il y a aussi des slogans publicitaires pseudo scientifiques prônant des nouvelles découvertes alors qu’il n’en est rien du tout ou alors des mots bien pompeux protégés par  « le secret professionnel » et qui nous empêchent de savoir la vérité sur leur dangerosité. C’est le cas par exemple des nanoparticules [16] qui se sont retrouvées même dans les produits certifiés biologiques. [17]

Mise à jour : Nanoparticules ou non dans le bio?
Vous aimeriez peut-être savoir si les crèmes solaires certifiées biologiques contiennent des nanoparticules, ces petites molécules (1nm=0,000 000 001m) qui ont la capacité de pénétrer très rapidement dans le corps étant donné leur taille réduite, qui sont considérées très toxiques et assez suspectes pour la santé ayant un grand potentiel inflammatoire. Or, beaucoup de maladies du système immunitaire comme le cancer et la fibromyalgie sont liées à l’inflammation.
Selon mes recherches, Ecocert ne certifie que les produits contenant une taille de Dioxyde de Titane supérieure à 100 nm, car certaines études réalisées par plusieurs fabricants de cosmétiques bio montreraient qu’un diamètre des particules supérieur à 100 nm ne présenteraient aucun danger, car les nanoparticules resteraient sur la couche superficielle de l’épiderme… Non, je n’ai pas retrouvé cette étude et d’ailleurs cette affirmation me rappelle celle qui a circulé pendant des années au sujet du potassium alun, dont la « structure moléculaire » serait trop grande pour qu’il soit absorbé par la peau…mais on n’a jamais retrouvé trace de cette étude non plus…
« D’autre part –on peut lire sur Internet- certains fabricants (Melvita, Lavera) encapsulent le dioxyde de titane dans de l’acide stéarique végétal (acide gras dérivé de l’huile de coco), des triglycérides végétaux ou encore de la silice. Cette encapsulation stabilise les nanoparticules, les rend non volatiles et réduit encore la probabilité de leur pénétration dans l’épiderme ».
Le dioxyde de titane se retrouve aussi bien dans les crèmes solaires, les dentifrices, les peintures et les médicaments.
Une chose est sure, on manque encore d’études quant à l’absorption du dioxyde de titane par la peau. « Avec le dioxyde de titane, on se retrouve dans la même situation qu’avec l’amiante il y a 40 ans », affirme le professeur Jürg Tschopp, prix Louis-Jeantet de médecine 2008, qui a piloté une étude franco-suisse sur les effets toxiques de ce nanomatériau.
La répons est donc : oui, il y a des nanoparticules dans les produits bio.

Malheureusement, la mode du  « green » pousse les entreprises à pratiquer un commerce mensonger. Suite à la lecture du rapport de Terra Choice sur le « greenwashing » intitulé Les péchés de mascarade écologique (édition 2010), j’ai été éberluée. Plus de 95% des prétentions écologiques des entreprises se sont avérées fausses ou, du moins, inexactes. [18] On s’intéresse dans cette enquête davantage aux produits domestiques que cosmétiques mais, quand même, notre confiance est ébranlée.

Voici un exemple de « greenwashing »:

La crème de jour antirides de Nivea pure & natural , présentée par la compagnie de façon suivante : «  SANS parabène, SANS silicone, SANS colorant, SANS huile minérale, 95% d’ingrédients d’origine naturelle. L’huile d’argan BIO: riche en vitamine E, est reconnue pour ses propriétés anti-radicalaires, mais aussi pour ses vertus nutritives au potentiel unique. La camomille BIO : contient des flavonoïdes qui apaisent les peaux sèches et sensibles ».

La présentation est bien trompeuse, si on ne lit pas attentivement l’étiquette, on pourrait penser que c’est un produit bio ou du moins naturel, ce qui n’est pas du tout le cas.

Voyons les ingrédients en détails et leur cote de dangerosité sur Skin Deep malgré la longue liste de « SANS ».

Ingrédients: Aqua, Glycerin  1 , Cetearyl Alcohol  1 , Hydrogenated Vegetable Oil 0 , Alcohol Denat 0 , Caprylic/Capric Triglycerine 1 , Glyceryl Stearate Citrate 1 , Hydrogeated Coco-Glycerides 0 , Methylpropanediol 0 , Octyldodecanol 0-1 , Dicaprylyl Ether 0 , Glyceryl Stearate 1 , Arctium Lappa Fruit Extract 0 , Arania Spinosa Kermel Oil 0 ,Tocopherol 2 , Tocopheryl Acetate 4 , Sodium Carbomer 0 , Xanthan Gum 0 , Phenoxyethanol 3-4 , 1.2 Hexanediol 0 , Methylisothiazoline 6 , Linalool 4 , Limonene 6 , Citronellol 4 , Benzyl Alcohol 6 , Butylphenyl 0 , Alpha-Isomethyl Ionone 4 , Geraniol 5 , Parfum 8

0 :  4 ingrédients sur lesquels nous ne savons rien du tout car, aucune étude n’a été faite

3-6:  plusieurs ingrédients parfois utilisés dans la composition des produits certifiés biologiques mais d’origine naturelle indiquée par un astérisque indiquant la source sont ici d’origine synthétique

8:  parfum dont la dangerosité potentielle a été expliquée dans les chapitres précédents

Plusieurs ingrédients comme le methylpropanediol (un conservateur allergène), le sodium carbomer, le phenoxyethanol, le 1,2 hexanediol, le methylisothiazolinone et surtout les parfums synthétiques ne sont pas autorisés dans les cosmétiques certifiés biologiques.

Bien que beaucoup plus propre par rapport à d’autres crèmes issues de l’industrie  conventionnelle, ce produit ne peut pas être vendu comme « naturel ».

Si vous voulez lire une analyse de la mythique boite bleu de la crème Nivea dont voici les ingrédients (les mêmes depuis 1911), je vous suggère l’article « Ces substances que nous cache Nivea »

Ingrédients - Aqua, Parrafinum Liquidum, Cera Microcristallina, Glycerin, Lanolin Alcohol (Eucerit ®), Paraffin, Panthenol, Decyl Oleate, Octyldodecanol, Aluminum Stearates, Citric Acid, Magnesium Sulfate, Magnesium Stearate, Parfum, Limonene, Geraniol, Hydroxycitronellal, Linalool, Citronellol, Benzyl Benzoate, Cinnamyl Alcohol.

Voici aussi ce que dit Rita Stiens dans son livre   La vérité sur les cosmétiques naturels à la page 40 (publié en 2006 chez Leduc.S Éditions):

« Les indications commençant par  « ne contient pas de…» ou  « sans… » ne veulent pas dire grand-chose. Un produit sans parabène est-il systématiquement meilleur qu’un autre? Pas nécessairement . Un fabricant peut très bien remplacer sa panoplie habituelle de conservateurs (des parabènes) par d’autres, encore plus suspects. »

Ce que l’on appelle en Europe la « 7e clause » est l’obligation du fabricant d’indiquer  « la période de stabilité » du produit, c’est-à-dire le temps pendant lequel on peut consommer le produit après ouverture (voir chapitre «  Labels et certifications  » pour plus de détails). Sachez qu’au Canada le fabricant n’a pas l’obligation d’indiquer ni la période de stabilité ni une date d’expiration quelconque bien que tout le monde sache que, notamment dans les produits biologiques, de la nourriture jusqu’aux cosmétiques, le temps de vie du produit est raccourci, car il ne contient pas de conservateurs (pour la nourriture) ou des conservateurs moins résistants comme les huiles essentielles (pour les cosmétiques).

Voici comment lire la PAQ ou Période Après Ouverture au cas où elle se trouve sur le récipient. Cette mention n’apparait que si le délai de conservation avant ouverture est supérieur à 30 mois.

Ainsi « 12 M » signifie que le cosmétique peut être utilisé sans problème durant 12 mois, à compter du jour où son contenant a été ouvert pour la première fois.

Si le produit se conserve moins de 30 mois , il peut y avoir aussi une date de péremption avant ouverture du genre « à utiliser avant… » et la date avec le mois et l’année.

L’étiquette d’un produit cosmétique doit obligatoirement comprendre le non et l’adresse du fabricant, des spécifications relatives au contenu en poids ou en volume, les précautions particulières d’emploi s’il y en a, le numéro et lot de fabrication et la fonction du produit cosmétique.

Le label de recyclage

Le ruban de Möbius sert à reconnaître les objets élaborés à partir de matériaux recyclés ou de matériaux recyclables. Si aucun pourcentage n’est indiqué dans le centre du ruban cela veut dire que le contenant est seulement recyclable, s’il existe un pourcentage cela indique qu’il est fait à partir des matériaux recyclé au pourcentage indiqué.

Voici quelques conseils pour le temps de prescription en général des produits de soins et des cosmétiques (les produits certifiés biologiques ont un temps de péremption plus court étant donné la spécificité des conservateurs, vérifiez sur votre produit) :

  • les savons et les shampoings, 2 à 3 ans
  • les crayons pour les yeux et les lèvres 1 à 2 ans
  • le  vernis à ongles 1 à 2 ans
  • les poudres, les ombres à paupières et les fards à joues 9 à 12 mois
  • les fonds de teint 9 à 12 mois  (fluide 6 mois)
  • les rouges à lèvres 1 an
  • les  mascaras 1 à 3 mois
  • le gloss 1 à 3 mois
  • les soins de la peau 9 à 12 mois, vérifier le pictogramme sur l’emballage
  • les écrans solaires sont considérés des médicaments par Santé Canada et ils ont donc une date d’expiration
  • les huiles végétales doivent être entreposées correctement à l’abri de la lumière et de la chaleur sinon, elles peuvent  tourner facilement

Ne jamais prêter ou emprunter un mascara et nettoyer les pinceaux d’application des poudres à maquillage très souvent (ou les changer vu leur prix dérisoire) sont de bonnes habitudes pour prévenir les contaminations.

Le format idéal: la pompe prévue d’un système airless car elle garde le produit à l’abri de la lumière, de l’air et des bactéries donc pas de contamination possible, les tubes, et le pot muni d’une spatule propre.

Comme nous avons vu avec la crème Nivea, le mot « naturel » sur l’emballage ou l’étiquette ne vous garantit rien du tout! Si en Allemagne il existe une règlementation bien stricte quant au contenu du mot « naturel » garantissant au consommateur un produit véritablement naturel, en France et au Canada seulement une certification biologique vous garantit un produit fiable de ce point de vue. Le mot bio seul, sans certification, est dépourvu de garantie et ne représente qu’un slogan accrocheur sans qu’aucune obligation légale n’incombe au fabricant. Ces deux mots  (« naturel » et « bio ») sont souvent confondus par le consommateur qui ne sait plus où donner de la tête avec toutes les promesses qui l’assaillent aussitôt qu’il regarde l’étiquette du produit. J’ai même entendu quelqu’un qualifier un produit de  « bio », pour biodégradable !

Dans son numéro de septembre 2008, L’UFC Que Choisir [19] publie un test réalisé sur les produits cosmétiques bio ou écologiques. D’abord, il ressort de ce test qu’un vrai label, délivré par les pouvoirs publics (repérable par la mention « certifié par » suivie du nom de l’organisme certificateur voir chapitre «  Labels et Certifications  »), est généralement un gage de qualité et l’assurance d’une composition exempte de produits issus de la pétrochimie. A contrario , les labels privés (mention « contrôlé par… »  peuvent réserver quelques mauvaises surprises quant aux ingrédients utilisés (par exemple, pour les marques Yves Rocher, L’Occitane ou Thinkhappy Organic Surge).

La mention  « de source naturelle » ou « d’origine naturelle » (par exemple pour la vitamine E) veut dire produit synthétique, puisque généralement, on est parti d’une molécule naturelle, mais qui a été chimiquement modifiée, pour donner une molécule synthétique.

Quelques informations concernant seulement les produits certifiés biologiques

Les mots  « écologique » et  « équitable » ne s’appliquent pas beaucoup aux cosmétiques que nous avons retenus dans ce Guide de produits d’hygiène, de beauté et des cosmétiques non toxiques (sauf le beurre de karité). Un produit issu du commerce équitable est généralement fait dans un souci de l’environnement, il défend les prix d’achat en faveur des producteurs du Tiers Monde et leurs conditions de travail, mais il ne présente aucune garantie quant à l’innocuité du produit, car les ingrédients ne sont pas garantis naturels ni biologiques. Si les produits certifiés biologiques sont automatiquement écologiques, le contraire est faux. En fait, dans le langage courant on parle d’« écologique » surtout pour l’emballage. Ce terme comprend la décomposition du produit fini dans l’environnement et les procédés de fabrication lorsqu’il  s’agit des produits certifiés. J’ai déjà entendu à Radio Canada une émission sur les cosmétiques écologiques…alors qu’il aurait été souhaitable de parler de cosmétiques biologiques. Des labels comme ECOCERT Équitable ou Max Havelaar ne sont des gages des produits sans toxicité à moins qu’ils soient accompagnés d’une certification biologique aussi.

Pour qu’un produit soit vendu comme issu du commerce équitable, il doit porter une certification qui garantit les standards  internationaux du commerce équitable, autrement c’est du folklore. Exemples  de labels crédibles: Fair-Trade, Flo-Cert, Max Havelaar, ESR (Ecocert).

Ne peuvent pas être  « bio » le sel, l’eau, le kaolin, la silice et d’autres argiles comme le Ghassoul, car ce sont des substances provenant directement de la nature, sans intervention de l’être humain. Ne peuvent pas être bio les produits de la mer comme les algues par exemple. J’ai déjà vu dans les poissonneries du « saumon bio » ! À moins qu’il soit issu de l’élevage biologique, ce qui devrait être bien indiqué sur l’emballage ou l’étiquette, le poisson ne peut pas être bio !

Sur les étiquettes des cosmétiques certifiés biologiques , vous pouvez lire des chiffres du genre: 98.15 % du total des ingrédients sont d’origine naturelle, 13.5% des ingrédients sont issus de l’agriculture biologique et 95.7% des ingrédients végétaux sont issus de l’agriculture biologique

Qu’est-ce que cela signifie?

Tout d’abord, prenons les pourcentages 98,15% et 13,5%.

Ceux-ci veulent dire que sur le 100%, le total des ingrédients il y a :

  • 98,15% d’ingrédients d’origine naturelle donc 1,85% d’ingrédients synthétiques (colorants, conservateurs, etc.)

et

  • 13,5% d’ingrédients végétaux issus de l’agriculture biologique

Ensuite, les 98.15% d’ingrédients d’origine naturelle se divisent ainsi :

  • 13.75% d’ingrédients végétaux (13.75% = 13.5% / 98.15%)
  • 84.4% d’ingrédients naturels, mais non végétaux (ex:  eau , ingrédients d’origine minérale ou animale)

Ensuite, les 13.75% d’ingrédients végétaux se divisent en :

  • 13.16% d’ingrédients végétaux issus de l’agriculture biologique
  • 0.59% d’ingrédients végétaux issus de l’agriculture traditionnelle.

Ensuite le 95,7%.

Ce pourcentage est une donnée plus complexe à visualiser et à comprendre pour le consommateur. D’ailleurs, il est à mentionner que ce pourcentage n’est pas toujours inscrit (non obligatoire vs les deux autres) ceci pour éviter une confusion chez le consommateur ou encore de l’induire en erreur quant à la proportion d’ingrédients biologiques.

Le 95,7% signifie que 95,7 % des végétaux totaux incorporés sont issus de l’agriculture biologique.

Ce qu’il faut savoir c’est que ce pourcentage doit être plus grand que 95% pour un produit certifié biologique.

Finalement, dans ce cas-ci, avec les trois pourcentages nous pouvons déterminer que  sur 100% (total des ingrédients)  il y a :

Ingrédients d’origine synthétique 1.85%

Ingrédients d’origine naturelle 98,15%

Ingrédients naturels non végétaux 84.4%

Ingrédients végétaux biologiques 13.16%

Ingrédients végétaux de l’agriculture traditionnelle 0.59%

L’usage du terme «biologique» et autres termes dérivés sur l’étiquette d’un produit cosmétique ou de soins personnels n’est pas régi comme tel au Canada sauf au Québec. Lorsque la publicité ou l’étiquetage de l’un de ces produits offerts à la vente au Québec fait usage du terme «biologique» ou d’un terme dérivé pour qualifier le mode de fabrication de ce produit ou encore des ingrédients qu’il contient, cela tombe sous la juridiction du CARTV, en vertu de la Loi sur les appellations réservées et les termes valorisants [20] . Il n’y a cependant pas d’organisme attitré au contrôle des cosmétiques biologiques au Québec ou au Canada.

Alors, quand vous lisez sur un lait corporel 99.5% des ingrédients sont d’origine naturelle et que « aqua » est le premier ingrédient de la liste,  ne perdez pas de vue que l’eau représente  80 à 90% du produit ( le chiffre exact juste le fabricant peut le savoir car avec  la nomenclature INCI les ingrédients sont inscrits dans l’ordre décroissant de leurs quantités mais cela ne nous donne pas le pourcentage exact). L’eau étant un produit naturel ne peut pas être issu d’agriculture biologique. La mention bio repose donc sur les ingrédients qui peuvent être certifiés comme étant biologiques. Ce qui importe dans le cas du lait corporel par exemple c’est le pourcentage des ingrédients issus de l’agriculture biologique (les huiles ou les beurres par exemple qui sont les principes actifs) et bien que certains produits conformément à leur cahier de charge peuvent en contenir seulement entre 5 à 10 % (voir chapitre sur les certifications) certains fabricants peuvent en mettre beaucoup plus allant jusqu’à 30 ou même 35%. Étant donné le grand pourcentage d’eau dans la composition des crèmes et lotions, je recommande plutôt l’utilisation des huiles végétales pures et certifiées à 100% biologiques et sans aucun ajout d’eau (voir chapitre «  Huiles, beurres et autres principes actifs  »). Il y a aussi des certifications qui exigent un pourcentage très élevé de substances biologiques 95% ou même 100% du total des ingrédients comme USDA ORGANIC, mais ces produits sont très, très rares sur notre marché et ce sont surtout des corps gras.

Enfin, je tiens à préciser que la certification biologique ne porte pas seulement sur les matières premières mais aussi sur le procédé de fabrication et une démarche générale écologique.

Lire les étiquettes, surtout écrites en lettres visibles seulement avec la loupe et accompagnées, parfois, d’un code-barres collé exactement à cet endroit, peut s’avérer une tâche bien ardue, vous pouvez me croire !

Comme je l’ai mentionné auparavant, on se sert du système international (INCI) pour nommer les ingrédients ce qui veut dire que seulement le mot latin ou anglais est utilisé, ce qui est une bonne chose en soi pour uniformiser ce métalangage surtout qu’avant les fabricants pouvaient détourner l’attention du consommateur  des ingrédients en utilisant des synonymes ou bien en les nommant de façon très « gentille ». En revanche, décrypter tous ces mots  « barbares » n’est pas une tâche facile même si vous avez eu de bonnes notes au cours de latin. Ainsi, vous aurez peut-être des chances de comprendre  « lavandula » pour la lavande et l’omniprésent  « aqua » pour eau. Disons que pour une fois nous sommes avantagés par notre situation géographique, car quelques mots d’origine anglo-saxonne (wax, oil, water (pour eau florale) ou butter) vont aussi être facilement repérables. Pour le reste (10500 ingrédients) bonne chance !

Je sais que vous n’avez pas besoin d’être convaincu sur la quasi-impossibilité de comprendre quoi que ce soit sur la déconcertante liste des ingrédients si vous n’avez pas bien étudié la question avant d’entreprendre l’audacieuse démarche de lire ce qui est écrit sur l’étiquette. Qui n’a pas essayé de regarder, et même longuement, par acquit de conscience et avec la meilleure des bonnes volontés, les ingrédients d’un produit de soin ou de beauté à la pharmacie avec la même acuité que la valeur nutritive des denrées alimentaires à l’épicerie?

Qui a réellement tout compris?

Je vais quand même vous donner un exemple très, très simple et ceci surtout en réponse à tous les sites Internet et aux documents qui nous servent la liste des ingrédients dangereux dans les cosmétiques en pensant nous avoir rendu service et nous avoir soulagés de ce souci existentiel.

Les masques à l’argile verte sont un incontournable dans la vie d’une femme et on s’attendrait à ne pas subir le stress de la « Dirty List » d’ingrédients avec un produit aussi simple et naturel. J’en ai acheté une récemment, histoire de combattre la routine, de Cattier , une compagnie que j’aime bien par ailleurs, comprenant une liste de trois ingrédients seulement (on parle ici d’une banale argile), déconcertante linguistiquement parlant, pas assez rébarbative pour remettre le produit sur la tablette, mais juste assez pour douter des vérités dites  « générales » dans l’histoire de la philosophie. Aqua, montmorillonite et kaolin. Si avec  « aqua » on peut s’en sortir grâce aux cours de latin ou aux voyages dans le sud, avec le reste l’embarras provoqué est comparable à celui que peuvent susciter des ustensiles dont on ignore l’existence lors d’un souper super compliqué: on attend et on observe.

Mais là, j’ai l’avantage d’être à la maison devant mon ordi et non pas au magasin d’où d’habitude j’ai hâte de sortir, car j’ai peur d’être prise dans le bouchon de l’après-midi du pont Champlain.

Alors, voilà, je regarde dans le lexique des composants de Rita Stiens, où on trouve que le kaolin (3 smilles ce qui veut dire très bien) est un agent absorbant (terre à porcelaine) ha!  et que la montmorillonite (3 smilles aussi) est un stabilisateur et une substance de contrôle de la viscosité. Ça c’est bien beau, me dis-je innocemment, mais où diable est l’argile verte que j’ai achetée!?! Parce que c’est ça qui est écrit sur le tube!!! Je savais que la vie d’une femme est déjà assez bien compliquée par  « karmic blue print » mais avec la liste d’ingrédients qui s’ajoutent à nos soucis existentiels, sans méditation et exercices de respiration, on ne s’en sort pas.

Alors, autre recherche, sur Google cette fois-ci, plus à la portée de tout le monde, quoi. Je suis soulagée, j’apprends que cette montmorillonite est l’argile la plus polyvalente, reminéralisante et cicatrisante (lire plus si le cœur vous en dit [21] ) et que le kaolin est aussi une argile, mais d’un autre type.

Voilà, maintenant que je suis débarrassée de mes   « angoisses cosmétologiques » suite à deux vérifications, il ne me reste qu’à me souhaiter bon  « argilage » ou  « argilation », c’est selon.

Tout ceci pour dire que, lorsqu’on n’est pas biochimiste ou spécialiste dans la fabrication des cosmétiques, aller magasiner avec la liste des ingrédients interdits (je l’ai fait! et je ne suis pas la seule) est peine perdue et du temps gaspillé.

Alors, voici quelques conclusions majeures concernant les étiquettes et le contenu des produits de soins et des cosmétiques:

  • Les fabricants de cosmétiques conventionnels n’assument pas leur responsabilité devant la gravité de la situation; leur stratégie de défense est restée inchangée (ce n’est pas le produit qui est responsable des effets indésirables mais la sensibilité de la peau de celui qui l’utilise) malgré le nombre de composants interdits qui n’arrête pas d’augmenter ces dernières années et qui prouve que les ingrédients étaient (et sont encore) loin d’être inoffensifs ;
  • Les importateurs, les distributeurs et les détaillants ont leur part de responsabilité dans cette soupe toxico-cosmétique dans laquelle nous baignons et ils se doivent d’informer le consommateur du potentiel dangereux des ingrédients affichés sur les étiquettes des produits qu’ils vendent ; les conseillères attitrées à la vente des produits de soins, de beauté et des cosmétiques devraient être formées pour répondre aux questions concernant le contenu de ces produits; ce personnel est souvent payé « à la commission », donc leurs conseils peuvent être partisans.
  • Le Gouvernement canadien n’offre pas une vraie protection à la population qui est obligée de faire elle-même le tri pour s’en sortir ; malgré les pressions et les pétitions des organismes impliqués dans les démarches pour éliminer les produits chimiques dangereux pour la santé et obtenir des produits d’hygiène et de beauté plus sécuritaires, les gouvernements ne légifèrent pas et, lorsque cela se produit, c’est un processus long et lent à l’image d’un compte gouttes ;
  • Malgré les lois, il y a encore des produits en vente, et même dans les boutiques de produits naturels, sans liste d’ingrédients INCI ou ayant une liste incomplète. Selon le sondage effectué par la Fondation David Suzuki, sur 12500 produits de soins personnels plus de 1000 produits présentaient une étiquette incomplète ou pas clairement indiquée;
  • Contrairement aux lois de l’Union Européenne qui a identifié (depuis 2005 déjà) de façon accessible à la population une liste de 26 substances allergènes dont la présence doit être mentionnée sur l’étiquette du produit dès lors que leurs concentrations dépassent 0,001% pour les produits à ne pas enlever (crème…) et 0,01% pour les produits à enlever par rinçage, au Canada il n’y pas de liste avec des substances allergènes et les personnes souffrant d’allergies n’ont pas vraiment du support dans leur démarche d’évitement des substances allergènes. On estime que 45% des allergies sont dues aux substances parfumantes présentes dans les produits de soins. La Société canadienne de Cancer a fait d’ailleurs cette recommandation au gouvernement qui malheureusement est resté sans suite. La liste critique des ingrédients cosmétiques de Santé Canada vise seulement à restreindre l’utilisation de certaines substances, elle n’a aucun pouvoir juridique.
  • Malgré le renforcement du droit à l’information, en pratique, comprendre l’étiquette s’avère une besogne difficile et l’industrie des cosmétiques mise justement sur la naïveté et la confiance des consommateurs pour nous vendre des produits dangereux pour la santé.
  • Malgré les réels progrès que l’instauration du système INCI amène, on ne peut identifier quels sont les ingrédients en bas de 1% qui font partie de la composition car sur l’étiquette il n’y pas de ligne  séparatrice entre ceux en haut de 1% et ceux en bas de 1%.
  • Il est vrai que certains ingrédients cancérigènes ou toxiques (le dioxane 1,4, les phtalates, le plomb, l’oxyde d’éthylène) ne sont pas indiqués sur la liste INCI des ingrédients car, ils sont présents dans le produit soit par contamination, soit par réaction entre les ingrédients de la formule respective. Les lois ne tolèrent pas ces ingrédients dans les formules mais, tolèrent la contamination avec ces substances cancérigènes au non des sacro-saintes « petites doses tolérables » sur lesquelles les normes ont été bâties. La recherche récente (la toxicité du plomb par exemple)  montre que même à petites doses ces ingrédients sont très dangereux pour la santé, mais les normes ne se sont pas ajustées… 

    Les ingrédients protégés par le « secret professionnel » constituent  une véritable boite de Pandore de l’industrie cosmétique conventionnelle  et le consommateur n’a aucun moyen de se protéger contre ces 3000 ingrédients tenus secrets. « Ce que nous savons, c’est que bon nombre de ces ingrédients cachés sont irritants et qu’ils peuvent causer des crises allergiques ainsi que des migraines et de l’asthme 14 . Les individus souffrants de la poly sensibilité chimique (MCS) ou des maladies liées à l’environnement sont particulièrement vulnérables, puisque les fragrances sont impliquées à la fois dans le développement de leurs affections et le déclenchement des symptômes 15 . Au cours d’essais de laboratoire, des ingrédients de fragrance particuliers ont été associés à des cancers 16 , à la neurotoxicité 17 et à d’autres effets négatifs sur la santé ». ISBN 978-1-897375-35-8 Ce qui importe le plus c’est le contenu , Fondation David Suzuki p. 14

14 , 15 , 16 et 17 sont les références citées par l’extrait ci haut.

14 . Thyssen, JP et al., « Contact sensitization to fragrances in the general population: a Koch’s approach may reveal the burden of disease », British Journal of Dermatology 460, no 4 (avril 2009): 729-35; Kelman, L., « The triggers or precipitants of the acute migraine attack », Cephalalgia 27, no 5 (mai 2007): 394-402; Millqvist E. et O.Löwhagen, « Placebo-controlled challenges with perfume in patients with asthma-like symptoms », Allergy 51, no 6 (juin 1996): 434-9.

15 . Sears, ME, Le point de vue médical sur l’hypersensibilité environnementale (Commission canadienne des droits de la personne, mai 2007), www.chrc-ccdp.ca/pdf envsensitivity_fr.pdf; Ashford, Nicholas A. et Claudia S.Miller, Chemical Exposures: Low Levels and High Stakes,2e éd. (New York: John Wiley & Sons, 1998).

16 .   NTP toxicology and carcinogensis Studies of 2,4-hexadienal (89% trans, trans isomer, CAS no 142-83-6; 11% cis, trans isomer) (Gavage Studies), National Toxicology Program Technical Report Series (U.S. National Toxicology Program, October 2003); NTP toxicology and carcinogenesis studies of methyleugenol (CA S no 93-15-2) in F344/N rats and B6C3F1 mice (Gavage Studies),Nat Toxicol Program Tech Rep Ser (U.S. National Toxicology Program, juillet 2000)

17 .   Anderson RC et Anderson JH, « Acute toxic effects of fragrance products », Archives of Environmental Health53, no 2 (avril 1998): 138-46.

Solutions

  • Vous me faites confiance pour les produits que je recommande dans ce Guide de produits d’hygiène, de beauté et des cosmétiques non toxiques (en espérant qu’il y ait d’autres éditions encore plus élaborées) dans l’optique d’éviter les substances chimiques dangereuses et de changer ainsi les habitudes de consommation et à la longue de fabrication
  • Vous achetez seulement des produits certifiés (c’est un peu difficile, car si on sait que le marché des cosmétiques bio et naturels en France représente 3 à 4% du marché total des cosmétiques avec une croissance de 40% par année et que dans d’autres pays comme L’Allemagne cela peut aller jusqu’à 4-5 %, chez nous, à moins que ce livre ne change le cours de l’histoire,  les choses sont encore timides et relèvent plus du militantisme et du système immunitaire plutôt que des véritables choix des consommateurs;
  • Vous utilisez des outils comme les douze ingrédients à éviter de la Fondation David Suzuki, Skin Deep ou la liste de Rita Stiens pour vraiment comprendre et vérifier l’innocuité du produit, ingrédient par ingrédient; attention ! certaines listes disponibles sur Internet ne sont pas très rigoureuses dépendamment des intérêts qu’elles défendent (certains ingrédients seulement sont présentés comme problématiques alors que d’autres, comme le sodium lauryl sulfate sont parfaitement acceptables !) au même titre que certains sites comme www.cosmeticsinfo.org qui sont des sites subventionnés par l’industrie cosmétique où tous les ingrédients, (même le triclosan au sujet duquel Santé Canada est d’ailleurs en réflexion) sont parfaits et surtout « safe and effective ».
  • Vous encouragez certaines compagnies qui font preuve de transparence (Lush par exemple) et affichent ouvertement, dans leur dépliant publicitaire ou sur leur site web, TOUS les ingrédients (sauf les composantes du Parfum) de TOUS leurs produits (en utilisant des couleurs différentes pour les composantes naturelles et synthétiques) même s’ils ne sont pas toujours exempts de toxicité.
  • Vous supportez les organismes militants pour des cosmétiques plus surs autant pour l’humain que pour l’environnement (voir chapitre«  Les cosmétiques sont-ils toxiques?  ») et pour des changements dans la législation régissant cette industrie.

J’entends souvent dans les médias l’idée qu’il est de notre devoir en tant que consommateur de vérifier les ingrédients, l’innocuité, la provenance (pour les OGM ce n’est même pas possible vu qu’il n’y pas de traçabilité du produit au Canada) des aliments, etc. Je le dis ouvertement, je ne suis pas d’accord ! Nous n’avons pas le temps, les connaissances, les motivations pour enquêter sur tout ce que nous consommons ! D’autant plus que cette tâche incombe souvent à la femme ou à la mère de famille. Il est de la responsabilité des gouvernements de nous protéger d’une consommation toxique et destructrice pour l’environnement au même titre que d’autres dangers et agressions comme les guerres ou les pandémies. En attendant que mes vœux soient exaucés et que des garanties de sécurité informent les consommateurs par de nouvelles règlementations, on ne peut qu’agir en suivant le principe de la précaution. En plus, je crois qu’il est grand temps de se rappeler de notre grand pouvoir citoyen en faisant des choix de consommation plus éclairés et responsables. On pense souvent que les cosmétiques sont l’apanage des femmes coquettes ou des adolescentes, mais c’est une erreur. Nous sommes tous exposés à ces produits, dès notre plus jeune âge et quotidiennement, le savon, le shampoing et le dentifrice, ne sont pas des luxes, la crème solaire ou la mousse à barbe non plus. Tant que des solutions alternatives sont à notre portée et souvent au même prix, pourquoi tolérer (ou pis encore participer ou encourager) cet empoisonnement collectif ? Pourquoi prendre des risques ?  Et si les prix sont parfois plus élevés, pourquoi ne pas les faire baisser par la simple loi de l’offre et de la demande ? Et je parle ici non seulement pour les produits de soins, mais aussi pour l’agriculture biologique et pour tout ce qui s’inscrit dans une démarche de développement durable et de respect de l’environnement.

J’ai carrément envie de crier : « Aux armes, citoyens ! »


[1] ↑ http://pharmacies.ma/pharmacie/upload/Sections/file/nomenclature_inci.pdf

[2] ↑ Ce ne sont pas forcément tous les ingrédients synthétiques de fragrance qui sont toxiques ou allergènes, le problème c’est que le consommateur ne peut savoir quelles substances se trouvent dans le mélange

[3] ↑ Émission diffusée le 22 janvier 2011. Pour un visionnement gratuit, consultez le site http://www.radio-canada.ca/emissions/la_facture/2010-2011/

[4] ↑ http://www.ewg.org/notsosexy

[5] ↑ Les normes européennes sur l’étiquetage des produits cosmétiques sont plus exigeantes. L’Union européenne exige que 26 ingrédients de fragrance, que l’on sait allergènes, soient dûment identifiés dans les listes d’ingrédients des produits cosmétiques, ces ingrédients sont disponibles sur la page Crèmes non toxiques pour le corps .

[6] ↑ Par convention, plusieurs grands fabricants emploient le terme « sans parfum » (fragrance free) pour désigner les produits exempts d’ingrédients de fragrance et ce sont plutôt des produits « non parfumés » (unscented) qui contiennent des agents masquants. ; pour Santé Canada les deux termes sont équivalents.

[7] ↑ Site : http://www.hc-sc.gc.ca/index-fra.php

[8] ↑ Voir plus sur le site www.sc-hc.qc.ca

[9] ↑ Ibid.

[10] ↑ Extrait de Santé Canada.

[11] ↑ Il y aurait un lien potentiel entre l’aluminium et le développement de la maladie d’Alzheimer.

[12] ↑ Site : http://www.ewg.org/chemindex

[13] ↑ http://wiki.hbelanger.ep.profweb.qc.ca/images/6/66/FichePhtalates.pdf

[14] ↑ Source : http://www.premiumbeautynews.com/Etats-Unis-des-marques-de,3158

[15] ↑ Les produits affichant seulement des ingrédients actifs sont souvent considérés comme « drogues » et non pas « cosmétiques » et sont régis par la Loi sur les aliments et les drogues qui n’oblige pas le fabricant d’afficher tous les ingrédients contenus dans le produit

[16] ↑ Les nanoparticules sont des molécules de très petite dimension (entre 1 et 100 nanomètres) ayant la propriété de passer facilement la barrière de la peau et sont suspectées d’être toxiques pour les tissus et les cellules humaines. Ils provoquent une augmentation du stress oxydatif, une production des radicaux libres et de cytokine inflammatoire, des mutations et/ou des altérations de l’ADN.

[17] ↑ À ce sujet, sachez qu’ ECOCERT s’est prononcé pour un moratoire jusqu’au 31 décembre 2010 jusqu’à l’écoulement des stocks des produits contenant des nanoparticules[17] et que, en 2011, on trouve déjà sur le marche des produits certifiés biologiques avec la mention « sans nanoparticules ».

[18] ↑ Voir www.corneliadum.com section Archives.

[19] ↑ L’UFC Que Choisir de Thionville en France est une association à but non lucratif, totalement indépendante des fabricants, des commerçants, des activités de services, des syndicats, des groupes de presse ou financiers, des partis politiques, du gouvernement et, plus généralement de tout intérêt ou groupement autre que ceux des consommateurs.

[20] ↑ Il existe un certain flou législatif quant à ce sujet. Lorsqu’il s’agit d’un ingrédient dans un cosmétique, c’est effectivement la même loi que pour un aliment qui s’applique mais on ne parle pas alors de certification.  Dans un cosmétique ou un aliment, un ingrédient certifié biologique doit être certifié par un organisme reconnu par l’instance gouvernementale.

[21] ↑ Site http://www.labo-hevea.com/68209/argiles/montmorillonite_verte.php

 

5 réflexions au sujet de « Lire les étiquettes »

  1. Bonjour,
    Je possède 2 colorations Belle Color de Garnier qui ont un emballage différent.Je voudrais savoir a quoi correspond leur lot respectif, savoir leur date de validité.
    22k300 et 10K702.
    Sont ils encore utilisables.
    Merçi de m’apporter une réponse

    • Effectivement je reconnais qu’il est très laborieux et presque impossible d’arriver à avoir la date de fabrication sur certains produits car certains présentent un numéro de lot. Je suis comme vous choques fois que j’achète un produit dermocosmetique, j’aime bien savoir la date de fabrication et jusqu’à quan je peux l’utiliser et surtout si l’on présente des allergies mieux vaux être prudent. J’ai comme vous des produits l’oreal qui présentent une lettre dans le code et avait contacté le service conso ou une dame tres gentille m’avait donné les renseignements et m’avait donné cette astuce : garnier, l’oreal et gemey (me semble t-il) ont tous une lettre. Le J correspond à 2012, le K a 2013 et le L a 2014 ( c’est tout ce qu’elle m’a dit) les produits bien sur se conservent 3 ans sauf à partir du moment ou l’on se sert du produit il faut se référer au symbole du pot sur l’emballage (c’est mieux si l’on connaît la date de fabric du produit pour savoir jusqu’à quand on peut l’utiliser. Après j’ai eu une autre astuce de la part d’une personne sur un site qui m’a indiqué ce site qui est très bien fait et qui fait gagner beaucoup de temps : checkcosmetic.net. Il est répertorié la plus part des grandes marques connues comme l’oreal, gemey, bourjois, ou d’autre comme Vichy etc… Et en dessous une case ou l’on inscrit le numéro de lot. Il nous faut ensuite valider et on a la date de fabri. Sauf pour les produits melvita ou CATTIER qui ne sont pas répertoriés. Problèmes donc car j’ai des produits de cette marque et je cherche à connaître comme vous la date de fabri. Si vous avez une idée, une astuce ou même un site, cela serait aussi super et aidant.

  2. Merci à cette enseignante d’avoir pris le temps d’écrire un tel article qui concerne surtout la réglementation et les risques cosmétiques dans son pays
    d’origine cad le CANADA. Serait il possible d’obtenir des sites informatifs pour la communauté européenne. Aucune de nous femme, mère de famille, femme active n’a en effet le temps de décrypter toutes les astuces et codes inventés par les groupes industriels pour nous arnaquer et attenter à notre santé avec la bénédiction des gouvernements.
    Merci encore et BRAVO !

  3. enseignante d’avoir pris le temps d’écrire un tel article qui concerne surtout la réglementation et les risques cosmétiques dans son pays
    d’origine cad le CANADA. Serait il possible d’obtenir des sites informatifs pour la communauté européenne. Aucune de nous femme, mère de famille, femme active n’a en effet le temps de décrypter toutes les astuces et codes inventés par les groupes industriels pour nous arnaquer et attenter à notre santé avec la bénédiction des gouvernements.
    Merci encore et BRAVO !

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